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L’hymnance émerge enfin.
Elle a dormi pendant bien trop de temps.
Enfin réveillée, elle éclot peu à peu parmi les pages et les mots et s’armant de la créativité de ses lecteurs elle partira sur les chemins sinueux de l’inconscient. Maintenant, elle s’apprête à chanter bien haut, par la symphonie de ses phonèmes, toute la sincérité de ses sonorités. Troubadours des temps modernes, rêveurs et rêveuses de tous les horizons, poètes des nuées, lorsque le son fait sens, il ne s’agit plus d’être l’auteur de ses poèmes, il s’agit aussi d’être l’auteur de ses mots !

 

 

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     L’utilisation de langues et de mots imaginaires se retrouve à de multiples reprises dans l’histoire de la poésie. Dès le Moyen Âge, un poète du XIIIe siècle, Rutebeuf, compose plusieurs vers entièrement écrits dans une langue imaginaire. Au XVIe siècle, un poète au nom de Papillon de Lasphrise, propose un « sonnet en langue inconnue » en utilisant des mots de son invention. En 1871, le célèbre écrivain anglais Lewis Carroll publie un roman De l’autre côté du miroir dans lequel on peut lire un court poème intitulé « Jabberwocky » comprenant une quantité considérable de mots inventés. En 1927, Henri Michaux, poète et peintre, publie Qui je fus un recueil de poésies dans lequel on peut lire un poème ayant pour titre « Le Grand Combat » comprenant lui-aussi un bon nombre de mots imaginaires. Plus récemment, Louis Calaferte, auteur récompensé du grand prix national des lettres en 1992, a écrit « Ouroboros », un long texte dans une langue qu’il a inventé et qui se trouve être assez proche du provençal. Mais l’hymnancisme prend plutôt ses sources dans la poésie sonore, poésie par laquelle le son fait sens et où l’on peut lire la sincérité dans les sonorités.
   

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  Le terme d’hymnancisme, a été inventé en novembre 2011, lors de la publication sur un petit forum d’écriture d’un texte intitulé « Ytil tilo ».
Il s’agit d’un poème intégralement construit avec des mots imaginaires. Plutôt incompréhensible. Les textes qui suivirent cette lancée contenaient souvent un certain nombre de mots français mais surtout tentèrent d’organiser les mots imaginaires en respectant plus ou moins la grammaire et la syntaxe. Depuis, l’hymnancisme s’est théorisé et
n’a cessé
de se décliner en divers textes non-publiés mais postés sur internet. Les textes, appelés hymnances, sont écrits avec des mots imaginaires insérés dans une structure grammaticale française. En plus de composer son texte, l’hymnanciste, compose ses propres mots à partir d’assemblages de lettres qui construisent un sens à leur façon. Composer une hymnance est un travail minutieux, délicat, car il s’agit de composer une musique prenant les mots pour instrument en donnant un vrai sens au son. Mais l’hymnancisme est bien plus qu’un jeu musical, il s’agit aussi de sculpter les mots sur les sentiments. C’est donner les pleins pouvoirs à l’émotion, et façonner ses mots de façon à ce que leur apparence même puisse faire sens à l’œil. Il faut que le lecteur puisse retrouver dans la lecture de ces mots une certaine familiarité avec la langue qu’il parle, ce qui lui permettra d’esquisser sa propre interprétation plus ou moins inconsciente des émotions et des images.

 

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